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  • Photo du rédacteurSéverine Daniel

Confiance, cocréation et cohésion : la force du collectif

Dès le plus jeune âge, nous évoluons au sein de groupes. Enfant, nous ne recevons pas vraiment d’enseignement sur les bienfaits de la coopération ni les clés pour collaborer efficacement. Que ce soit à l’école ou dans l’entreprise, l’expérience de groupe se vit souvent au travers d’individualités, de conflits, de conformisme, de jugements et de compétition.

 

Emile Servan-Schreiber, docteur en psychologie cognitive, a remis en lumière une étude de 2010 menée par des scientifiques du MIT (Mas- sachusetts Institute of Technology) et de l’Université de Carnegie Mellon sur la mesure du QI d’un groupe, à savoir sa capacité à résoudre un problème.

 

Premier constat : le QI d’un groupe a sa propre intelligence et ce n’est pas la somme des QI individuels qui détermine la qualité du groupe.

 

L’intelligence d’un groupe repose sur sa diversité, sa qualité de communication et sa sensibilité sociale (la capacité à évaluer les émotions de l’autre, à le comprendre en le regardant dans les yeux).

Enfin, condition supplémentaire pour un meilleur résultat : le groupe doit comporter un peu plus de femmes que d’hommes. Cela s’explique en partie car les femmes (américaines dans l’étude) expri- ment plus facilement leurs émotions et « musclent » plus souvent leur intelligence émotionnelle.

 

J’aimerais utiliser un cas concret pour illustrer cette étude : les groupes Avarap.

L’Avarap est une association de bénévoles qui accompagne des cadres en repositionnement professionnel.

Basée sur la dynamique de groupe, sa méthode adopte exactement les principes cités plus haut.

 

Démonstration :

la diversité : les groupes Avarap composés d’hommes et des femmes entre 35 et 60 ans sont très hétérogènes, issus de parcours professionnels très variés. La combinaison de tous ces profils permet ainsi de développer des capacités de réflexion plus riches et d’offrir des points de vue différents.

 

Qualité de CommuniCation : les règles sont posées clairement dès le départ : équité de parole, feedbacks constants, usage de la communication non violente (on parle en«je» et pas en «tu»),confidentialité. Aucune individualité ne peut prendre le dessus. Le parrain ou la marraine veille à instaurer ce cadre respectueux afin de créer de la confiance, de libérer la parole et de faire émerger la créativité.

 

sensibilité soCiale : L’Avarap prône la bienveillance sans complaisance, la suspension du jugement et la solidarité. Ses membres sont invités à faire preuve d’empathie et d’écoute active.

Enfin, il se trouve que tous ces groupes ont naturellement une plus grande proportion de femmes...

Ces cadres d’entreprise plébiscitent la méthode et réapprennent le plaisir à travailler en groupe.

 

Comme l’a démontré Google par l’étude Aristote, les clés de la réussite d’une équipe reposent sur la sécurité psychologique. Amy Edmondson, professeur de management, souligne que ce sentiment de confiance fait que «l’équipe ne fera pas honte, ne rejettera pas ou ne punira pas quelqu’un qui s’exprime», privilégions «un climat caractérisé par la confiance interpersonnelle et le respect mutuel, dans lequel les gens se sentent à l’aise.»

 

Les organisations faisant face à toujours plus de complexité, sont pourtant en déficit de confiance relationnelle. Comme le dit le sociologue François Dupuy : « Arrêtons d’imaginer qu’il est possible de gérer la complexité à coup de procédures. La coopération est difficile mais elle est indispensable. Il est possible d’en appeler à la confiance, et donc à la liberté de décision des cadres, sans pour autant verser dans la naïveté ou le cynisme.»

Afin de faire émerger cette confiance et créer un bon QI de groupe, les ateliers d’intelligence collective sont essentiels. Un cadre de communication précis, un facilitateur externe au groupe et une palette d’outils (cf encadré) aident vos équipes à mieux travailler ensemble.

Les résultats de ces ateliers réalisés en entreprises sont probants. Ils permettent bien de développer le potentiel individuel ET collectif en favorisant la créativité, la confiance et la cohésion des collaborateurs.

L’ère du CO (co-développement, co-design, cooptation, co-voiturage, etc.) s’accélère. Apprenons aux plus jeunes à COllaborer et se faire COnfiance pour un meilleur eCO-système.

alors, après le Qi et le Qe, pourQuoi pas le Qo ?!

 

5 outils D’intelligence collective et leurs bienfaits :

·      Le co-développement : pour mutualiser les bonnes pratiques et créer un réseau solidaire

·      Les chapeaux de Bono : un jeu de rôle pour additionner les points de vus différents pour prendre du recul et créer de l’empathie

·      Le design thinking : pour innover et créer des équipes motivéesLe forum ouvert : pour résoudre des questions au sein de grands groupes

·      Le world café : pour creuser en profondeur, stimuler sa réflexion et partager les connaissances de chacun

 

5 clés Pratiques pour un bon QI de groupe

·       La disposition : privilégier le cercle et les petits groupes

de 3-4 personnes

·       Le facilitateur : garant du cadre, son rôle est clé pour instaurer un climat de confiance

·       Les règles de communication : tour de table, pas de jugement, équité de temps parole, parler en « je » et pas en « tu », bienveillance

·       La composition du groupe : plus il est hétérogène, plus il

est riche

·       Le sens : parler du « Why » et savoir prendre de la hauteur

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